Serveur domestique et auto-hébergement 14 min de lecture

ZimaBoard 2 : le petit serveur domestique qui voit grand

Test du microserveur Intel N150 avec deux ports 2,5 GbE, deux SATA et un slot PCIe : boîtier, accessoires, ZimaOS, performances, consommation et températures.

Aujourd’hui, le ZimaBoard 2 passe sur l’établi. Cette nouvelle génération du microserveur d’IceWhale associe un Intel N150, deux ports réseau 2,5 GbE, deux SATA et un slot PCIe dans un boîtier en aluminium à peine plus grand qu’un paquet de biscuits. L’objectif est de vérifier si ce format peut réellement servir de NAS, de routeur avancé ou de petit laboratoire pour les conteneurs et l’IA locale.

Introduction

Le ZimaBoard 2 se présente comme un serveur domestique silencieux, un routeur capable d’une segmentation réseau sérieuse et une plate-forme d’expérimentation x86. Son processeur Intel N150 à quatre cœurs accepte les logiciels Linux habituels, tandis que l’interface PCIe ouvre la porte à du NVMe, une carte 10 GbE, un contrôleur SATA ou une carte graphique externe.

Dans cet essai, j’examine le modèle 1664, son châssis, les accessoires du kit, l’interface ZimaOS et surtout son comportement thermique. La question n’est pas seulement de savoir s’il est rapide, mais aussi si le refroidissement passif suffit lorsque la machine travaille pendant une heure.

Caractéristiques

Les modèles 832 et 1664 partagent le même processeur et la même connectique. Le choix se résume principalement à la mémoire vive et à l’eMMC : 8/32 Go pour le premier, 16/64 Go pour le second.

CaractéristiqueZimaBoard 2 832ZimaBoard 2 1664
ProcesseurIntel N150, 4 cœurs, jusqu’à 3,6 GHz, cache 6 MoIntel N150, 4 cœurs, jusqu’à 3,6 GHz, cache 6 Mo
GraphiqueIntel UHD Graphics, 24 EU, jusqu’à 1 GHzIntel UHD Graphics, 24 EU, jusqu’à 1 GHz
Mémoire8 Go LPDDR5X 4 800 MHz16 Go LPDDR5X 4 800 MHz
eMMC32 Go64 Go
Réseau2 × 2,5 GbE2 × 2,5 GbE
ExtensionSlot physique PCIe 3.0 x4, liaison électrique x2Slot physique PCIe 3.0 x4, liaison électrique x2
Stockage2 × SATA 3.0 à 6 Gbit/s avec alimentation2 × SATA 3.0 à 6 Gbit/s avec alimentation
USB2 × USB 3.1 Type-A2 × USB 3.1 Type-A
VidéoMini DisplayPort 1.4, jusqu’à 4K 60 HzMini DisplayPort 1.4, jusqu’à 4K 60 Hz
Alimentation12 V / 5 A12 V / 5 A
TDP CPU10 W10 W
RefroidissementBoîtier passif, ventilateur fourniBoîtier passif, ventilateur fourni
Dimensions140 × 83 × 31 mm140 × 83 × 31 mm
Système fourniZimaOS+ZimaOS+
Prix Kickstarter initialà partir de 169 USDà partir de 239 USD

Aspect extérieur

En main, le ZimaBoard 2 ressemble à un petit bloc d’aluminium dense, froid et mat. Les arêtes restent franches et l’ensemble fait davantage penser à un équipement réseau miniature qu’à un boîtier informatique décoratif. Le métal n’est pas qu’un habillage : la partie nervurée évacue directement la chaleur du processeur.

ZimaBoard 2 tenu en main, face supérieure visible
Le boîtier tout en aluminium reste réellement compact et donne immédiatement une impression de densité.
Deux ports SATA et connecteur d’alimentation du ZimaBoard 2
Deux ports SATA 3.0 avec leur alimentation permettent de raccorder directement des disques.
Connectique réseau, USB, Mini DisplayPort et alimentation du ZimaBoard 2
La face arrière réunit Mini DisplayPort, deux ports 2,5 GbE, deux USB 3.1 et l’alimentation 12 V.
Slot PCIe ouvert sur le côté du ZimaBoard 2
Le slot PCIe ouvert est la principale différence entre ce microserveur et un mini-PC fermé.
Dessous nervuré du boîtier aluminium du ZimaBoard 2
Les longues ailettes du châssis transforment l’ensemble du boîtier en dissipateur thermique.

La connectique est remarquable pour ce gabarit : deux réseaux 2,5 GbE, deux USB, deux SATA alimentés, Mini DisplayPort et un PCIe ouvert. On peut donc construire un NAS, un pare-feu ou un nœud de calcul sans dépendre exclusivement de périphériques USB.

Accessoires et montage

Le ventilateur, le bloc 12 V/5 A et le câble SATA en Y sont livrés avec les deux versions. L’emballage en carton peut même devenir un premier support pour le boîtier et deux disques de 2,5 pouces. L’idée est astucieuse pour un essai rapide, mais le carton prend du jeu après quelques semaines et ne remplace pas un châssis durable.

ZimaBoard 2 et deux disques installés dans le support en carton de la boîte
L’emballage devient un support pour le serveur et deux disques, pratique pour essayer, moins convaincant à long terme.
ZimaBoard 2, câbles, ventilateur, disques et pièces du kit étalés sur une table
Le kit complet réunit la carte, l’alimentation, le câble SATA en Y, le ventilateur et les pièces de montage.

La configuration la plus complète ajoute un cadre pour deux disques 3,5 pouces, un riser PCIe et les fixations nécessaires. Le résultat paraît inhabituel, mais il rend le matériel entièrement accessible et reste plus compact qu’une tour classique.

ZimaBoard 2 assemblé avec deux disques et son châssis métallique
Avec le châssis métallique et deux disques, le petit serveur prend des airs de NAS ouvert.
Vue latérale du montage ZimaBoard 2 avec deux disques
Les câbles restent visibles, mais tous les éléments sont faciles d’accès.
Arrière du châssis ZimaBoard 2 entièrement assemblé
Le résultat est atypique, compact et pensé comme une base de bricolage plutôt qu’un appareil fermé.
Profil du ZimaBoard 2 monté dans son châssis avec les disques
Le montage complet reste peu encombrant malgré les deux unités de stockage.

Pour poser le ventilateur, il faut ouvrir le châssis et le visser sur le radiateur. L’opération demande donc un peu plus qu’un simple branchement, mais le ventilateur fourni s’est montré pratiquement inaudible. Les essais thermiques démontrent surtout qu’il ne s’agit pas d’un accessoire superflu pour une charge continue.

Carte mère du ZimaBoard 2 démontée à côté de son ventilateur
Pour installer le ventilateur, il faut ouvrir le boîtier et le raccorder au connecteur prévu.
Ventilateur fixé sur le radiateur du ZimaBoard 2
Le ventilateur fourni se fixe sur un côté du radiateur et reste très discret à l’oreille.

Ce que permet le slot PCIe

Le PCIe transforme ce microserveur en véritable plate-forme de projet. Les cartes de bureau plus grandes resteront visibles à l’extérieur, mais l’ouverture du slot est précisément assumée : on choisit l’extension selon le rôle de la machine.

CatégorieExemplesUsage
RéseauCarte 10 GbEAccélérer un NAS, une station de travail ou une passerelle.
StockageAdaptateur NVMe, contrôleur SATA/HBAAjouter du cache rapide ou plusieurs disques supplémentaires.
GraphiqueGPU externe peu énergivoreIA locale, encodage vidéo ou expérimentation.
Projet spécialiséCarte d’acquisition, accélérateur, FPGAConstruire une machine adaptée à un besoin précis.

Trois limites à garder en tête

  1. Bande passante : le slot physique x4 utilise deux lignes PCIe 3.0. Une carte graphique puissante ne pourra donc pas exprimer tout son potentiel.
  2. Alimentation : le bloc fourni convient au serveur et à deux disques. Une carte LSI, plusieurs HDD 3,5 pouces ou un GPU peuvent imposer une alimentation plus puissante et séparée.
  3. Encombrement : le boîtier est très fin. Une grande carte dépassera et demandera un support ou un dock externe.

ZimaOS+ au quotidien

Le matériel officiel est livré avec une licence ZimaOS+ à vie. Sur une autre machine x86-64, ZimaOS reste disponible gratuitement avec une limite de quatre disques et trois membres ; la licence Plus à 29 USD retire ces limites. Rien n’empêche non plus d’installer Debian, Ubuntu, Proxmox VE, TrueNAS, OpenMediaVault, pfSense ou un autre système adapté au projet.

Le ZimaBoard 2 est une machine x86-64 ouverte : ZimaOS est pratique, mais il ne constitue pas une obligation.

ZimaOS prolonge l’approche de CasaOS avec un bureau Web, un gestionnaire de fichiers, le stockage, un App Store centré sur Docker et ZVM pour les machines virtuelles. Une application absente du catalogue peut être ajoutée sous forme de conteneur ou de composition Docker. Les 16 Go du modèle 1664 offrent davantage de marge, même si la mémoire soudée ne peut pas être mise à niveau.

Bureau ZimaOS localisé en français avec les widgets système, stockage et réseau
Le bureau ZimaOS centralise les ressources, le stockage, le réseau et les applications installées.
Assistant de création de stockage ZimaOS en français avec RAID 5, RAID 1 et JBOD
L’assistant présente clairement RAID 5, RAID 1 et JBOD ainsi que leurs besoins et leur tolérance aux pannes.
App Store ZimaOS localisé en français avec les applications auto-hébergées
L’App Store propose des centaines de services, avec la possibilité d’ajouter une application conteneurisée.

Performances, consommation et température

Le processeur Intel N150 obtient un bon résultat pour cette catégorie. Geekbench 6 a mesuré 1 266 points en monocœur et 3 278 points en multicœur. Dans mon classement personnel, il arrive juste devant le TerraMaster F4-425 Plus, mais l’écart est si faible que les deux machines sont pratiquement au même niveau. Le TerraMaster avait nécessité un réglage plus agressif pour atteindre son score, tandis que le ZimaBoard 2 a livré ce résultat avec sa configuration de base.

Résultat Geekbench 6 du ZimaBoard 2 avec 1266 points en monocœur et 3278 en multicœur
Geekbench 6 : 1 266 points en monocœur et 3 278 en multicœur sur l’unité testée.
Comparaison Geekbench de plusieurs NAS et mini-serveurs autour du ZimaBoard 2
Dans ce classement personnel, le ZimaBoard 2 devance de très peu le TerraMaster F4-425 Plus.

Avec deux SSD SATA de 2,5 pouces, la consommation observée monte à environ 23 W en charge et descend sous 10 W au repos. C’est très raisonnable pour un serveur domestique capable d’héberger plusieurs conteneurs et deux interfaces réseau multigigabit.

Mesure de consommation du ZimaBoard 2 en français affichant 22,8 watts
Avec deux SSD de 2,5 pouces, la puissance instantanée mesurée atteint 22,8 W.

Le refroidissement passif constitue en revanche le point de vigilance principal. Sans ventilateur, le processeur a atteint 101 °C après une heure de charge et a commencé à réduire sa fréquence. Avec le ventilateur fourni, la température n’a pas dépassé 80 °C pendant une heure de charge continue et aucune baisse de performances liée à la chaleur n’a été observée.

Terminal btop du ZimaBoard 2 montrant le processeur Intel N150 sous charge
Sous charge prolongée avec le ventilateur, le processeur reste autour de 78 à 80 °C dans cette mesure.

Verdict

Le ZimaBoard 2 n’est pas un énième mini-PC fermé. C’est un petit châssis x86 conçu comme un jeu de construction : Intel N150, deux ports 2,5 GbE, deux SATA et surtout un PCIe ouvert. On peut lui ajouter du NVMe, une carte 10 GbE, plusieurs disques ou un accélérateur en fonction du projet.

Le matériel est suffisamment rapide pour un NAS domestique, des services Docker, un routeur, un serveur multimédia ou un laboratoire Proxmox léger. ZimaOS facilite la prise en main et le kit fournit les accessoires indispensables. La contrepartie est une présentation volontairement ouverte, une mémoire non extensible et un refroidissement passif qui atteint ses limites sous forte charge.

Mon avis est donc positif à une condition : considérer le ventilateur comme nécessaire pour les tâches lourdes. Pour qui aime construire un serveur autour d’un besoin précis, le ZimaBoard 2 est une base compacte, silencieuse et nettement plus flexible qu’un NAS fermé.

Références

À propos de l’auteur

Jeremy Kraft administre les infrastructures et les services auto-hébergés de l’IBCSC. Ces guides reprennent des configurations réellement déployées, revérifiées avant publication.

Discussion

Commentaires

0

Aucun commentaire pour le moment. Vous pouvez ouvrir la discussion avec une question ou un retour d’expérience.